29.7.11

Vacances à la campagne

Aujourd’hui j’ai cueilli des pommes acides, étendu du linge au soleil en collant exprès ma joue sur les tissus humides, et sauvé un lapereau des dents de mon chat féroce.
Je crois que c’était une bonne journée.

21.7.11

C'est tout gâché. Et c'est absurde.




     - Pile, tout est de ta faute. Face, tout est de la mienne.
     - D’accord. Lance.


      pict: Matthieu Gafsou, Surfaces.

17.7.11

K.O.




S'il arrête de l'aimer, je crois bien qu'elle va tomber amoureuse de lui.

10.7.11

Les mondes évanouis



Ci-gît notre intimité, au fond d'un lac comme une
nouvelle Atlantide. Peu importe ton absence. Mais
comment me consolerai-je de cette cité engloutie?
C’est un bout de mon territoire qui s’est effrité:
ce pan de monde qui n’existait que parce que nous
nous y promenions ensemble, émergeant du néant
à la mesure de nos foulées synchrones. Et j’ai mal à
ce morceau d’horizon dissipé comme à un bras amputé.

pict. Daido Moriyama, Hawaii, 2007

25.6.11

Exercice 1



Soit deux trains, à quai dans deux gares différentes distantes l'une de l'autre de quelques kilomètres seulement et reliées par une même voie sur laquelle il est possible de circuler dans les deux sens. Compte-tenu que les deux locomotives présentent la particularité de fonctionner non pas au charbon, ni à la vapeur ni à l'électricité, mais au désir de l'une pour l'autre; et s'il est nécessaire au train A d'être attisé par l'absence et la distance du train B pour se mettre en branle, alors que le train B a au contraire besoin d'être régulièrement hameçonné par le côtoiement tangible du train A pour démarrer sa course : comment les trains A et B peuvent-ils espérer entrer un jour en collision? 
Vous avez une vie.

19.6.11

Le port est plein de pitié

  "Le port voudrait lui porter secours; le port est plein de pitié; dans le port il y a la sécurité, le confort, le foyer, le souper, des couvertures chaudes, des amis; tout ce qui est bon à notre faiblesse mortelle. Mais, dans la tempête, le port, la terre, représentent le plus grand danger pour ce vaisseau. Il lui faut fuir toute hospitalité. Un frôlement de rivage, même s'il ne faisait que raser la carène, l'ébranlerait de tout son long. Il doit déployer toutes ses voiles et donner tout ce qu'il peut pour s'éloigner de la terre et, ainsi, lutter contre les vents mêmes qui voudraient le pousser vers le refuge. Il lui faut retrouver les grandes mers ouvertes, toujours loin de la terre, car son seul salut est de piquer désespérément dans le danger, son seul ami, son amer ennemi."

Hermann Melville, Moby Dick.

14.6.11

Sénèque à m.

-Sénèque: "Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir."
-m : "Vas-y, je crois que tu peux y aller maintenant."