24.5.11
Menace de sécheresse sur la France
"Tous les épuisés maudissent le soleil:
Pour eux la valeur des arbres- c'est l'ombre!"
Nietzsche, "Jugements des hommes fatigués", Le Gai savoir.
12.4.11
"C'est pourtant une noble chose que le loisir et l'oisiveté"
"Par manque de repos notre civilisation court à une nouvelle barbarie."
Nietzsche, Humain, trop humain, §285.
25.3.11
"Faire un événement"
Faire un évenement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire. Aimer ceux qui sont ainsi : quand ils entrent dans une pièce, ce ne sont pas des personnes, des caractères ou des sujets, c'est une variation atmosphérique, un changement de teinte, une molécule imperceptible, une population discrète, un brouillard ou une nuée de gouttes. Tout a changé en vérité.
Gilles Deleuze et Claire Parnet, Dialogues.
5.3.11
Inévitable
Et, à l’abri dans cette cour, il aimait ce jeune coq quand il chantait dans l’inévitable appétit de vivre et finissait dans l’inévitable humiliation d’être tenu par la patte.
L’homme qui était mort, D.H. Lawrence.
2.3.11
2 mars 1939
2 mars 1939. Je n'ai rien écrit depuis le début de l'année. En vérité, c'est à peine si j'ai vécu! Enfant, la plongée dans le noir, l'humide et le froid de l'hiver se confondait pour moi avec le malheur d'exister. Il m'a fallu longtemps pour comprendre qu'il ne s'agissait en somme que d'une saison, la mauvaise. D'année en année, à mesure que je vieillis, le temps passe plus vite pour moi, et ainsi des durées de plus en plus longues me deviennent mesurables, maîtrisables. Mais l'hiver n'a pas encore suffisamment rétréci pour que je puisse l'enjamber gaillardement et prendre pied sur l'autre bord du trou. Un jour peut-être. Pour l'heure, je manque encore le pas, et je m'effondre dans la fosse janvier-février avec le sentiment que jamais, jamais on n'en sortira.
Michel Tournier, Le roi des aulnes.
7.2.11
Aux amis
Ilots d'importance auxquels j'accoste par intermittence. Des printemps à eux tous seuls. Mes amis.
4.2.11
mais quelle forme?
Nous n’avons plus que des exemples où la pensée bride et mutile la vie, l’assagit, et où la vie prend sa revanche, affolant la pensée et se perdant avec elle. Nous n’avons plus le choix qu’entre des vies médiocres et des penseurs fous.(…) Mais la belle unité reste à retrouver, telle que la folie n’en serait plus une – l’unité qui fait d’une anecdote de la vie un aphorisme de la pensée, et d’une évaluation de la pensée, une nouvelle perspective de la vie. (…)
Partout, nous voyons le triomphe du « non » sur le « oui », de la réaction sur l’action. Même la vie devient adaptative et régulatrice, se réduit à des formes secondaires : nous ne comprenons même plus ce que signifie agir. (…) Mais quelle forme prennent la Terre et la vie, quand elles sont l’objet d’affirmation ? Forme inconnue de nous, qui n’habitons que la surface désolée de la Terre et ne vivons que des états voisins de zéro.
Gilles Deleuze
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